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Orgueil et deuil

orgueil et deuil
  • formation 1ère année
  • année Promotion 2024
  • durée 5:11

Orgueil et deuil

une méditation cinématographique sur la perte et l’acceptation

Avec Orgueil et Deuil, l’équipe de CinéCréatis propose bien plus qu’un simple exercice de fin d’année : un véritable objet de réflexion, à la frontière entre le conte philosophique, le cinéma contemplatif et la parabole spirituelle. En adaptant librement le célèbre sutra bouddhiste de Kisagotami, l’histoire d’une mère cherchant à ramener son fils à la vie, le film interroge notre rapport intime à la mort, au manque et à l’orgueil.

  • Pitch de film Dans sa détresse après la mort de son fils, une vieille mère accepte l’épreuve que lui impose un moine : trouver une personne n’ayant jamais connu le deuil. Au fil de sa quête, elle découvre que la perte est universelle, et que son fils n’a jamais vraiment quitté le monde des vivants.
orgueil et deuil

Un récit universel, ancré dans une tradition spirituelle

Le point de départ du film est profondément humain : une mère, brisée par la perte de son fils, refuse l’inéluctable. Sa quête, d’abord motivée par le désespoir, devient progressivement un chemin initiatique. En lui demandant de trouver une personne n’ayant jamais connu le deuil, le moine ne lui tend pas une solution miraculeuse, mais un miroir : celui de sa propre condition et de celle de l’humanité tout entière.

À travers ce parcours, Orgueil et Deuil explore les différentes manières de vivre la perte. Certains personnages rencontrés par la vieille femme portent leur chagrin avec pudeur ou résignation ; d’autres l’ont intégré comme une part de l’existence. Face à eux, la mère incarne l’orgueil et le refus, non par méchanceté, mais par amour et par douleur. Le film invite ainsi le spectateur à questionner sa propre relation à la mort, au souvenir et à l’attachement.

Une écriture cinématographique entre rêve et réalité

Si la narration reste lisible, elle assume une dimension fragmentée et onirique. Les séquences de cauchemar, où la mère apparaît masquée, traduisent visuellement ses tourments intérieurs. Ces moments de dérive rompent avec le réalisme du reste du film et rappellent l’influence du cinéma asiatique contemplatif, revendiquée par les réalisateurs.

Les références à Kurosawa, Zhang Yimou ou Tran Anh Hung ne sont pas de simples hommages esthétiques : elles irriguent la mise en scène, le rythme et la manière de filmer les corps dans l’espace. Le film privilégie le temps long, le silence, et une attention minutieuse aux gestes et aux paysages.

Une esthétique de la lumière et du cadre au service du sens

La note d’intention cadre et lumière révèle une véritable recherche plastique. La forêt, lieu du deuil initial, est baignée d’une lumière naturelle filtrée, presque diffuse, qui enveloppe la mère dans une atmosphère de solitude et de recueillement. Les séquences oniriques, au contraire, jouent sur des contrastes plus marqués et des textures sombres, matérialisant l’angoisse et la lutte intérieure du personnage.

Le temple, quant à lui, apparaît comme un espace de transition : sa lumière chaude et dorée symbolise la spiritualité, l’apaisement et la vérité. Le choix des cadres, alternant gros plans intimistes et plans plus larges mettant à distance la mère, traduit visuellement son cheminement intérieur, de l’égocentrisme à la prise de conscience.

Un film ancré dans une culture et un lieu

Au-delà du récit, Orgueil et Deuil est aussi une immersion dans des influences bouddhistes vietnamiennes et tibétaines. Les accessoires, costumes et choix musicaux témoignent d’un réel souci d’authenticité culturelle. Le tournage à la Pagode de la Boulaye, lieu chargé de spiritualité, renforce cette dimension contemplative et donne au film une profondeur presque documentaire.

En trois minutes trente, Orgueil et Deuil parvient à condenser une réflexion dense sur la vie, la mort et l’attachement. Entre poésie visuelle, héritage spirituel et émotion pure, le film se présente comme une méditation cinématographique qui invite autant à ressentir qu’à penser. Une œuvre courte, mais ambitieuse, qui marque par sa sincérité et sa sensibilité.

Film réalisé en première année d'étude à Cinécréatis.

  • Equipe technique Réalisateur : LLORET Samuel - Assistante Réalisatrice : MONTANT Nhât Lê - Chef Opérateur : LAURENT Victor - Chef électro / régisseurse : BROSSARD Swann - Ingénieur son : TÊTE Joachim - Monteur : RAMBAUD Jùles - Script : Matéo Gastaldo - Photographe Plateau : Eva Lloret
  • Liste artistique Farida Michel - Kim An Pham - Jian LIAO
  • Musique Camillo Ferreira